Dialogue national : pourquoi Kinshasa interdit à la C64 d’aller voir Kabila
La Coalition de l'article 64 voulait consulter Joseph Kabila à Goma avant le dialogue national. Le ministre de l'Intérieur l'a interdit. Le dialogue s'enlise avant d'avoir commencé.
La Coalition de l'article 64 (C64) voulait se rendre à Goma, dans le Nord-Kivu, pour consulter l'ancien président Joseph Kabila sur l'organisation d'un dialogue national inclusif. Le vice-Premier ministre chargé de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, a interdit ce déplacement.
La ligne rouge du gouvernement
Pour Kinshasa, le dialogue national ne doit pas servir à réhabiliter des acteurs accusés de participer à la déstabilisation du pays. Joseph Kabila et les responsables de l'AFC/M23, dont Corneille Nangaa, ne sont pas considérés comme des interlocuteurs politiques ordinaires.
« Les rebelles ne prendront pas part au dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi. »
Position du gouvernement congolais

Une médiation qui interroge
La C64 dit vouloir aussi rencontrer Félix Tshisekedi pour « désamorcer la tension ». Son rôle de facilitatrice soulève des questions sur son mandat, sa légitimité et son articulation avec les initiatives des confessions religieuses.
Le même jour, Patrick Muyaya a lié le débat à la guerre dans l'Est : « Lorsque cette guerre a commencé en novembre 2021, il n'y avait pas de débat sur la Constitution », a-t-il déclaré.
Les deux points de vue
La C64 estime qu'un dialogue sans tous les protagonistes ne réglera pas la crise. Le gouvernement estime qu'y inviter les acteurs qu'il associe à la rébellion reviendrait à les légitimer.